Nos services d’éducation et d’accueil et d’aide à l’enfance et à la famille

Elisabeth Enfance

Gestionnaire : Anne asbl

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Dans le secteur de l’enfance, le nombre de crèches et de maisons relais est resté stable en 2025, avec quelques places d’accueil supplémentaires. Parallèlement, la préparation des reprises des maisons relais de Waldbredimus, Colmar-Berg et Junglinster a mobilisé d’importantes ressources.

Elisabeth poursuit son engagement en faveur de structures accueillantes et stimulantes, offrant aux enfants bien plus qu’une prise en charge : des espaces d’apprentissage sécurisés et adaptés à leurs besoins.

Parmi les temps forts de l’année figurent la mise en place d’une formation pour de futures cadres, l’introduction de l’application Kidola dans les maisons relais, renforçant la digitalisation et soutenant une démarche de durabilité, ainsi que le déploiement du concept ministériel « Zesummen aktiv ». Les priorités « mouvement » et « nature » ont été renforcées. Le projet « Natur on Tour » a permis la réalisation de plus de 150 activités touchant près de 3.000 enfants.

L’année 2025 a été marquée par l’ouverture d’un groupe d’accueil pour enfants en bas âge à Assel ainsi que d’un groupe d’accueil longue durée à Luxembourg-Limpertsberg.

Elisabeth a poursuivi le développement de l’approche « Sicherheitsorientierte Praxis », une méthode centrée sur la protection et la sécurité des enfants et des jeunes, tout en favorisant la participation active des familles et des enfants dans la recherche de solutions adaptées. Le réseau « SOP – TransNet » a également été renforcé et une conférence internationale organisée autour de cette approche. Le Challenge Solidaire, tournoi de football réunissant plusieurs associations et acteurs du secteur social, a rassemblé 70 jeunes autour des valeurs de respect, de solidarité et d’inclusion ; une des équipes de Elisabeth y a remporté le trophée Fair-Play.

De son côté, l’internat socio-familial de Troisvierges a accueilli en 2025 36 enfants scolarisés dans les cycles 2, 3 et 4 de l’enseignement fondamental et fréquentant les écoles de Troisvierges, Weiswampach et Wincrange. En 2025, les collaborations avec les services régionaux, les écoles fondamentales et le Centre de logopédie ont été poursuivies et renforcées. L’année a également été marquée par la formation et la supervision des équipes éducatives, l’élaboration du concept interne de protection de l’enfance ainsi que le suivi de l’équipe de cuisine dans le cadre du projet « Natur genéissen ».

Julien, éducateur au sein d’un foyer Elisabeth : Grandir ensemble !

Depuis juin 2024, Julien travaille comme éducateur au sein d’un foyer de Elisabeth accueillant des jeunes réfugiés mineurs non accompagnés. Fort d’une expérience de 15 années dans le domaine social, il accompagne ces jeunes au quotidien sur le chemin de l’autonomie, dans un contexte humain souvent exigeant et émotionnellement fort.

Présent dans tous les moments de la vie quotidienne, Julien veille autant au bien-être qu’au parcours scolaire des jeunes qu’il accompagne. À travers l’écoute, la confiance et la proximité, il construit avec eux une relation humaine forte, tout en les aidant à trouver leur place dans un nouvel environnement. Passionné également de théâtre, il a notamment développé un projet artistique autour du parcours de jeunes réfugiés.

À travers son engagement, Julien illustre l’importance de l’accompagnement humain et du vivre-ensemble au cœur des missions de Elisabeth.

Raconte-nous en quoi consiste ton travail chez Elisabeth.
J’accompagne, dans un foyer à Troisvierges, des réfugiés mineurs non accompagnés. Dans notre groupe, nous suivons 9 jeunes, et je suis la personne de référence pour 2 d’entre eux.

Il s’agit d’un travail social très spécifique ?
Oui, tout à fait. Il faut réussir à se mettre à la place de ces jeunes, qui, dès un très jeune âge, portent une lourde responsabilité familiale. Ce n’est jamais par hasard qu’ils entament un tel parcours pour arriver jusqu’au Luxembourg. Beaucoup portent des traumatismes, selon leur vécu et leur pays d’origine. Notre rôle, c’est de les accompagner sur le chemin de l’autonomie.

De quoi ces jeunes ont-ils prioritairement besoin ?
Avant tout, d’écoute. Pouvoir poser les mots sur leur histoire souvent très lourde leur fait beaucoup de bien. Ensuite, il s’agit de construire un projet pour eux : régulariser leur situation administrative, les soutenir dans leur parcours de formation et leur intégration dans la société luxembourgeoise. Et bien sûr, veiller à leur santé, physique et mentale — c’est un point essentiel.

Explique-nous concrètement ton travail quotidien.
J’accompagne les jeunes dans tous les aspects de leur quotidien. Je suis présent, à l’écoute : pour les petits tracas, les moments plus difficiles, les soucis familiaux. Je fais les journées et les nuits avec eux, en alternance avec mes collègues. Le matin, je veille à ce que chacun se lève et parte à l’école ou au travail. Durant la journée, on discute, on partage les repas, on sort ensemble. Le soir, on joue parfois aux cartes, si le cœur y est. Pour les deux jeunes dont je suis référent, je suis aussi de près leur parcours scolaire : je participe aux réunions avec l’école, je rédige les rapports pour l’Office national de l’enfance… En général, je ne dirais pas que je prends la place des parents, mais plutôt celle d’un grand frère, tout en restant dans une posture professionnelle, dans le conseil et l’accompagnement de proximité.

Pourquoi as-tu choisi ce travail ?
J’aime construire des projets avec les jeunes, je me sens bien avec ce public. Et puis, moi aussi j’apprends beaucoup. Par exemple quand on partage un repas, je découvre d’autres cuisines, d’autres cultures. C’est un échange très enrichissant : une vraie relation de confiance se crée. Et au fond, je grandis avec eux. Ce travail me permet d’évoluer dans ma vision des choses.

Est-ce que tu recommanderais ce travail à un/une collègue ?
Honnêtement, il faut être prêt. Ce métier demande déjà une certaine expérience. Il peut être lourd psychologiquement, ce n’est pas toujours facile.

Pourquoi Elisabeth ?
À l’époque, je ne connaissais pas Elisabeth et je ne me rendais pas compte de la taille de l’association. Au début de mon engagement chez Elisabeth, j’ai eu la chance d’être détaché sur le foyer de Esch, là où d’ailleurs nous avons mis en place une pièce de théâtre, ce fut un réel bonheur et je remercie la direction pour la confiance accordée. Chez Elisabeth j’ai retrouvé des valeurs qui sont aussi les miennes, en premier lieu : le respect. Le respect entre collègues, peu importe l’origine. On nous fait confiance, on écoute notre expérience, notre parole est entendue. Il y a aussi des opportunités de mobilité. Ce qui a été très fort pour moi, c’est d’avoir eu la chance de monter une pièce de théâtre sur le parcours de jeunes réfugiés. Une expérience marquante. Je pense notamment à une jeune Éthiopienne, ancienne enfant soldat. Son père et son frère ont été tués sous ses yeux. Elle a réussi à raconter son histoire à travers le théâtre. Aujourd’hui, elle continue à sourire, elle est brillante à l’école… Pour moi il est souvent difficile de retenir mes larmes et de ne pas montrer mon émotion face à cela, même à la simple lecture du texte.